Bulletin du Centre Sud sur la RAM n°1 – 9 août 2017

La société civile et le Centre Sud demandent l’adoption urgente de mesures pour combattre la résistance aux antimicrobiens, garantir l’accès aux traitements et faire valoir les nouveaux modèles d’innovation

Par Mirza Alas

SC AMR side event WHA

La réunion parallèle sur la résistance aux antimicrobiens a fait salle comble au Palais des Nations, en marge de l’Assemblée mondiale de la Santé.  C’est Viviana Munoz (Centre Sud) qui a présidé la réunion.

 

En marge de la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la Santé (AMS) en mai 2017, le Centre Sud a facilité la tenue et assuré la présidence d’un dialogue multipartite entre la société civile et des représentants gouvernementaux. Les intervenants ont demandé que des mesures soient prises d’urgence pour combattre la résistance aux antimicrobiens.

Le dialogue, intitulé « Réagir aux problèmes que pose la résistance aux antimicrobiens : le point de vue de la société civile, des organisations intergouvernementales et des pays en développement », s’est tenu le 22 mai 2017 au Palais des Nations (Genève). Il a été organisé avec l’aide de Médecins Sans Frontières (MSF), de l’Initiative sur les médicaments pour les maladies négligées (DNDi), de l’organisation non gouvernementale Health Action International (HAI) et du réseau d’organisations Medicus Mundi International Network (MMI).  Le Centre Sud a joué un rôle déterminant dans l’organisation de la réunion et c’est Viviana Munoz, du Centre Sud, qui l’a présidée.

Nous présentons ci-dessous un compte-rendu de la réunion.

 

La société civile se mobilise de plus en plus en faveur d’une action plus efficace et mieux coordonnée contre le problème de la résistance aux antimicrobiens.  De hauts représentants d’organisations de la société civile à la renommée internationale ont pris la parole dans une réunion organisée en marge de l’Assemblée mondiale de la Santé, dans une salle de conférence pleine à craquer (de nombreux participants n’ayant eu d’autre choix que de rester debout) pour insister sur la nécessité non seulement de prendre des mesures d’urgence en vue de réduire l’utilisation abusive des antibiotiques, mais aussi d’assurer à tout un chacun l’accès aux nouveaux antimicrobiens à un prix abordable.

Les dirigeants de Médecins Sans Frontières (MSF), de l’Initiative sur les médicaments pour les maladies négligées (DNDi), du réseau de professionnels ReACT et du réseau d’organisations Medicus Mundi International Network ont déclaré que les plus démunis et les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont les plus grandes victimes de la résistance aux antimicrobiens.  La recherche-développement (R-D) bénéficiant de plus de financement, il est absolument nécessaire que les produits ou les nouveaux antibiotiques et autres antimicrobiens, vaccins et outils de diagnostic qui en découlent puissent être obtenus à un prix abordable par les pays à faible revenu et revenu intermédiaire, en particulier leurs citoyens pauvres.   Viviana Munoz, du Centre Sud, a fait le même constat dans ses remarques préliminaires et la conclusion de la réunion.  Des représentants des ministères de la santé de l’Inde et de la Thaïlande ont également présenté les plans d’action de leur pays pour combattre la résistance aux antimicrobiens. Ils ont expliqué les problèmes qu’ils rencontrent pour les mettre en œuvre et ont demandé une assistance accrue de la part de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

DNDi, ReACT et MSF ont fait valoir que les activités de R-D pour combattre la résistance aux antimicrobiens devraient obéir aux principes convenus sur le plan international, dont les principes d’accessibilité financière, d’efficacité, d’efficience, d’équité et de dissociation.  Plusieurs intervenants ont souligné l’importance d’adhérer au principe de dissociation (c’est-à-dire de ne pas lier le prix et les volumes de ventes des antibiotiques aux investissements réalisés en R-D) et qu’il faut, par conséquent, mettre en pratique des nouveaux modèles d’innovation fondés sur le principe de dissociation.

Les nouveaux modèles d’innovation qui prennent en compte la question de l’accès et les problèmes que posent l’accès aux médicaments étaient au centre des exposés des organisations de la société civile, pour lesquelles ces nouveaux modèles donneraient lieu à une meilleure gestion des antibiotiques, existants et nouveaux.

Viviana Munoz a souhaité la bienvenue aux personnes présentes et indiqué que le fait qu’elles soient venues si nombreuses témoignait d’un vaste soutien à une action mondiale coordonnée pour combattre la résistance aux antimicrobiens. Elle a fait observer que la résistance aux antimicrobiens était un problème à facettes multiples. Par exemple, il y a non seulement le problème de l’utilisation abusive et incorrecte des antimicrobiens, mais aussi le problème de la difficulté d’accès aux traitements. Parmi les multiples facettes, elle a également cité l’utilisation des antimicrobiens sur les humains, leur utilisation sur les animaux et leurs incidences environnementales.

Selon elle, le point positif, c’est que la résistance aux antimicrobiens a désormais toute sa place dans le programme d’action mondial et même de plus en plus souvent dans les programmes d’action nationaux. Il est admis que ce problème doit être abordé de manière globale avec l’aide de multiples secteurs et acteurs. Viviana Munoz a ensuite déclaré que c’était pour elle un grand plaisir de présider une table ronde composée de personnes et d’organisations de la société civile qui travaillent dur pour changer les choses et dont la participation dans le programme d’action sur la résistance aux antimicrobiens est indispensable, car ils ont une formidable capacité d’inspiration et de mobilisation du public et une très bonne compréhension des causes profondes des problèmes que présente la résistance aux antimicrobiens.  Elle a souligné que le Centre Sud est convaincu qu’il faut donner davantage de poids à la société civile dans le programme d’action sur la résistance aux antimicrobiens, notamment dans sa conception, s’il y a une véritable volonté de changer les choses.

Anthony D. So, directeur de l’Initiative IDEA (Innovation+Design Enabling Access) à la John Hopkins Bloomberg School of Public Health et directeur du programme stratégique de ReAct relatif à l’action contre la résistance aux antimicrobiens, a suggéré d’aborder le problème de la résistance aux antimicrobiens de manière systémique, au regard de trois éléments étroitement liés : 1) l’innovation, 2) l’accès et 3) la gestion.

Anthony D. So a insisté sur la nécessité de réduire l’utilisation des antibiotiques à des fins non thérapeutiques et d’éliminer progressivement l’utilisation de certains antibiotiques, comme la colistine, un traitement de derniers recours pour soigner les humains, dans l’élevage. Il a fait remarquer que les antibiotiques sont beaucoup plus utilisés dans l’agriculture et l’aquaculture que pour soigner les humains.

Il s’est ensuite arrêté sur les problèmes liés aux prix des antibiotiques. Pour lui, rationner les antibiotiques en augmentant leur prix n’est pas une mesure qui permettra de rationaliser leur utilisation. Les maladies infectieuses n’épargnent pas les plus démunis et sont bien plus lourdes à porter pour ceux qui n’ont pas les moyens de se procurer des antibiotiques.  Il a ajouté qu’avant de mettre sur le marché de nouveaux antibiotiques qui coûtent plusieurs milliers de dollars, il faut se demander comment garantir, dans cette filière d’innovation, leur accessibilité financière et leur bonne gestion.

Anthony D. So a, en outre, expliqué que les mesures d’incitation visant à développer de nouveaux traitements antibiotiques (par exemple, le programme américain CARB-X, l’Initiative européenne en matière de médicaments innovants, l’institut américain de recherche médicale (NIH), l’organisme américain de R-D biomédicale avancée (BARDA) et le programme américain de défense biologique) comblent essentiellement les lacunes de la R-D pour ce qui est de l’aspect scientifique du problème, mais que cela ne suffit pas et qu’il faudrait plutôt se concentrer davantage sur la dissociation des coût de R-D du prix des médicaments et sur les conditions d’accès et la gestion. Seulement 350 millions de dollars ont été promis pour le programme CARB-X, alors qu’il faudrait des milliards de dollars pour financer les programmes d’incitation.

Selon lui, l’importance donnée à certaines mesures d’incitation (par exemple, le bon d’examen prioritaire, les droits de propriété intellectuelle transférables et la prime d’entrée sur le marché du produit fini) est excessive et vaine. L’expérience montre que les retours sur investissement des antibiotiques appartenant à une nouvelle classe peuvent être colossaux. Il a ajouté que la linezolide et la daptomycine en étaient de parfaits exemples. Il s’agit de deux antibiotiques d’une nouvelle classe thérapeutique, figurant au top 50 des traitements les plus vendus aux États-Unis.Ils sont entrés sur le marché avant les nouvelles mesures d’incitation, comme la loi sur les mesures d’incitation en faveur du développement de nouveaux antibiotiques (GAIN Act en anglais) qui prolonge la durée de protection par brevet.

Il a fait valoir la nécessité de mieux prioriser les mesures incitatives et de dire aux décideurs politiques et aux industriels qui demandent des milliards de dollars en guise de primes d’entrée sur le marché qu’ils demandent beaucoup trop et trop tardivement, car ces primes reviennent à utiliser les ressources publiques pour les aspects négatifs de la filière.

Il a ajouté qu’il est indispensable de dissocier les retours sur investissement du prix et du volume des ventes des antibiotiques.  Il a conclu qu’il faut garantir un juste retour sur investissement réalisé avec l’argent public dans la R-D, qui ne doit pas se résumer à l’innovation mais aussi comprendre l’accessibilité financière et la gestion. Il a, en effet, déclaré que la gestion ne devrait pas être une question de second ordre qui se pose uniquement à la fin de la chaîne de valeur pharmaceutique.

S’agissant du secteur de la santé animale, Anthony D. So a évoqué l’importance de cesser progressivement d’utiliser les antimicrobiens à des fins autres que thérapeutiques et d’investir dans la mise au point d’autres pratiques agricoles durables qui aideront les agriculteurs et le secteur de la production alimentaire à délaisser l’utilisation intensive des antibiotiques. Il a, en outre, expliqué qu’il est important de changer les pratiques institutionnelles en matière d’achats et de ventes et d’impliquer les consommateurs pour qu’ils exigent des industriels qu’ils n’utilisent pas systématiquement les antibiotiques pour produire leurs produits.    Pour conclure, Anthony D. Sod a insisté sur la nécessité de recourir à un « Observatoire de la résistance aux antimicrobiens » géré par les organisations de la société civile qui pourrait surveiller la conception et la mise en œuvre des plans d’action nationaux, ainsi que les organisations intergouvernementales et d’autres acteurs majeurs pour s’assurer qu’ils rendent mieux compte de leurs actes.

Michelle Childs, responsable des actions de sensibilisation pour DNDi en Amérique latine,  a insisté sur la nécessité de donner effet et de se conformer aux principes convenus au plan international en matière de R-D, comme dissocier le coût de la R-D du prix et du volume des ventes des antibiotiques, en vue de sous-tendre l’innovation et l’accès aux antibiotiques.

Au sujet du rôle des principes directeurs en matière de R-D, Michelle Childs a déclaré que toute initiative devrait être centrée sur les priorités de santé publique et prendre particulièrement en compte les besoins mondiaux. Elle a évoqué l’importance de garantir la mise en œuvre des principales normes et grands principes reconnus au plan international sous tendant l’innovation et l’accès durable, comme l’accessibilité financière, l’efficacité, l’efficience et l’équité et, très important, la dissociation (le fait de dissocier les investissements réalisés dans la R-D des retours sur investissement découlant des volumes de ventes et des prix).

Michelle Childs s’est aussi arrêtée sur l’importance de garantir un financement durable aux plans national, régional et mondial.  Elle a dit qu’il faut continuer de chercher de nouvelles mesures d’incitation à l’innovation, comme des mécanismes d’incitation et de dissuasion fondés sur les priorités convenues, le principe de dissociation et les conditions garantissant un accès durable.  Elle a également mentionné d’autres éléments à prendre en considération comme la nécessité  d’identifier les besoins et les lacunes en matière de R-D, la nécessité d’établir un bon mécanisme de fixation des priorités, ainsi que le besoin de coordination, de financement durable et de se fonder sur les principes fondamentaux d’accessibilité financière, d’efficacité, d’efficience et d’équité.

Par ailleurs, elle a évoqué le nouveau partenariat mondial en matière de recherche-développement pour les antibiotiques (GARP), un institut de recherche à but non lucratif consacré à la mise au point de nouveaux traitements pour les infections bactériennes. Le Partenariat mondial est une initiative commune de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de DNDi.

Els Torreele, directrice exécutive de la campagne d’accès aux médicaments essentiels menée par Médecins sans frontières (MSF), a rapporté que MSF, l’un des plus grands fournisseurs  non gouvernementaux de soins humanitaires, est témoin de la crise grandissante de la résistance aux antimicrobiens.  Elle a déclaré : « Nous nous heurtons à la résistance aux antimicrobiens chez des patients ayant subis des lésions traumatiques en Jordanie, chez des nouveau-nés au Pakistan, chez des enfants souffrant de malnutrition au Mali et chez des grands brûlés en Iraq. Nous assistons des patients qui ne peuvent être traités qu’avec des antibiotiques de dernier recours, parce que les antibiotiques de première, deuxième et même troisième intention ne fonctionnent plus. »

Els Torreele a souligné l’urgence d’apporter des solutions à cette crise grandissante qui soient exhaustives, mondiales et fondées sur les impératifs de santé publique et de s’assurer que toute solution apportée donne une place centrale aux besoins des patients et des prestataires de soins de santé. Elle a aussi fait état des difficultés que cause la résistance aux antimicrobiens pour traiter les patients atteints de la tuberculose, de paludisme, du VIH/Sida et d’autres maladies infectieuses. Elle a rapporté qu’en 2015 MSF avait traité plus de 20 000 patients atteints de tuberculose, dont 2 000 résistaient aux traitements.  Pour elle, ce chiffre n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg qui pourrait en réalité s’élever à 580 000 patients dans le monde, car la majorité des personnes infectées ne sont pas diagnostiquées et ne reçoivent aucun traitement.

Els Torreele a ajouté que la plus grande difficulté à laquelle les équipes médicales font face est le manque d’outils de diagnostic appropriés. C’est pourquoi, selon elle, il est essentiel de doter les médecins et les infirmiers des outils de diagnostic et de traitement adéquats pour les aider à distinguer les divers types d’infection et à déterminer si les médicaments conventionnels fonctionnent encore.

Elle a cité d’autres aspects à prendre en compte dans les mesures à adopter pour combattre la résistance aux antimicrobiens, parmi lesquels : le renforcement des systèmes de santé, l’amélioration des pratiques médicales et la nécessité d’accroître l’accès aux vaccins, tels que le vaccin antipneumococcique et les vaccins antirotavirus. Elle a fait remarquer qu’élargir la couverture vaccinale serait susceptible de réduire drastiquement l’utilisation des antibiotiques, mais que le prix élevé des vaccins est un obstacle majeur à son élargissement, en particulier dans les pays au revenu intermédiaire.

Els Torreele a rappelé que la mission de MSF était de sauver des vies et de traiter les infections et que, par conséquent, l’organisation accorde énormément d’importance à l’accès à des outils de diagnostic et de traitement, qu’ils soient nouveaux, anciens ou à venir. Elle a affirmé que l’innovation médicale n’a de sens que si les débouchés de l’innovation sont mis à la disposition des personnes qui en ont besoin. Elle a donné l’exemple de la tuberculose, une maladie pour laquelle de nouveaux médicaments ont récemment été mis sur le marché mais auxquels moins de 5% des patients ont accès.

Elle a affirmé que les problèmes de santé publique que pose la résistance aux antimicrobiens ne sont pas rares et qu’ils sont liés aux problèmes de santé publique causés par une société qui s’en remet aux prix élevés et aux monopoles pour financer l’innovation, ce qui a pour conséquences non seulement de limiter l’accès aux technologies existantes dans le domaine de la santé mais aussi de privilégier un modèle d’innovation qui ne place pas les besoins des patients dans ses priorités. Elle a aussi évoqué les recommandations et les résultats figurant dans le rapport du nouveau groupe de haut niveau sur l’accès aux médicaments et l’importance de s’en servir.

Garance Upham de chez Medicus Mundi International Network et vice-présidente de l’Alliance mondiale contre la résistance aux antibiotiques (ACdeBMR), a dit que les infections résistantes aux antibiotiques se propagent comme des épidémies.  Cela est en partie dû à l’absence de systèmes adéquats de prévention et de lutte contre les infections. Elle a déclaré que plus de 20 pays européen ne disposent pas de bons systèmes de prévention et de lutte contre les infections et qu’il ne s’agit donc pas d’un problème qui touche uniquement les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

Elle a fait observer que ce type de système serait utile dans l’élevage de manière à empêcher les animaux malades de transmettre leurs maladies aux autres animaux. Elle a également fait valoir l’efficacité des bonnes pratiques d’hygiène dans les exploitations agricoles pour prévenir les maladies chez les animaux, au lieu d’utiliser de la prophylaxie et de la métalaxie antibiotiques.  Elle a, en outre, précisé que les déchets non ou mal traités de l’industrie pharmaceutique, de l’industrie maraîchère, des hôpitaux et des centres de soins de santé sont déversés dans l’environnement, propageant ainsi les antibiotiques et exacerbant la résistance. Elle a fait ressortir l’importance d’investir dans des systèmes de traitement de l’eau et des déchets en guise de mesure de prévention, qui aurait pour effet de réduire le besoin d’utiliser des antibiotiques en premier recours.

Deux autres invités ont pris la parole : Lav Agarwal, qui représentait le Ministère indien de la santé et de la protection de la famille, et Nihima Sumpradic, qui représentait le Ministère thaïlandais de la santé publique.  Ils ont présenté les initiatives prises par leur pays respectif pour faire face au problème de la résistance aux antimicrobiens et les difficultés qui demeurent, en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre des plans nationaux.  Ils ont demandé à l’OMS d’assister davantage les pays en développement.

Marc Sprenger, directeur du Secrétariat de la résistance aux antimicrobiens de l’OMS, a indiqué que la société civile serait invitée à dialoguer et interagir avec les membres du groupe de coordination inter-institutions créé par les Nations Unies en mars 2017.

Pendant les débats, d’autres organisations de la société civile ont pris la parole, comme l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, l’Alliance mondiale pour la mise au point de médicaments antituberculeux (GATB), Health Action International (HAI), Oxfam, Health Care without Harm, Save the Children et Knowledge Ecology International (KEI).

Auteur : Mirza Alas est associée de recherche au Centre Sud.

Cet article a été révisé par Viviana Munoz et Martin Khor. Viviana Muñoz-Tellez est coordinatrice du Programme sur le développement, l’innovation et la propriété intellectuelle (DIIP) du Centre Sud.  Martin Khor est le directeur exécutif du Centre Sud.

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